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Pendant longtemps, j'ai cru que je devais être quelqu'un d'autre pour être aimée… (1/2)

Dernière mise à jour : 3 août


Silhouette de dos éclairant son chemin avec une lanterne dans une forêt enneigée, évoquant la rencontre avec soi-même.
Silhouette de dos éclairant son chemin avec une lanterne dans une forêt enneigée, évoquant la rencontre avec soi-même.

Il y a quelques années, si quelqu'un m'avait demandé qui j'étais vraiment, je crois que j'aurais été incapable de répondre.

J'aurais pu donner mon nom, prénom, date de naissance. Parler de mon métier. De mes diplômes… Bref, un CV plus ou moins étoffé.


Mais parler de moi, de qui je suis… je ne savais pas vraiment.


Pendant longtemps, j'ai pensé que le regard des autres était ce qu'il y avait de plus difficile à supporter. Aujourd'hui, je crois que c'est souvent le nôtre. Ou plutôt le regard que l'on finit par porter sur soi quand on passe des années à essayer d'être la personne que l'on croit que les autres attendent.


Je ne m'en rendais pas du tout compte à l'époque. Je voulais juste être aimée.

Alors, sans même réellement le décider, je me suis adaptée à tout : les personnes, les situations, les lieux...


J'avais parfois l'impression qu'il existait plusieurs Noémie, 8 pour être exacte.

Une pour le travail.

Une pour la famille, les enfants.

Une pour les amis.

Une pour le couple.

Une autre encore selon les personnes que j'avais en face de moi. En gros, il y avait la drôle, la cynique, l'optimiste, celle qui disait toujours oui, celle qui ne voulait surtout pas décevoir…)

J'en rigolais et en parlais comme si c'était la meilleure vanne du monde, sauf que ce n'était pas si drôle. Et ça montrait bien, sans que je m'en rende compte, à quel point je m'adaptais sans cesse…


À force de vouloir m'adapter à tout le monde… je ne savais plus du tout qui j'étais, moi.

Qu'est-ce que j'aimais vraiment ? Qu'est-ce que je n'aimais pas ? Quelles étaient mes propres envies ?


Je ne savais plus rien du tout, ça a été une période très compliquée de ma vie. Et puis un jour, mon père m'a dit une phrase toute simple.

« Si tu ne sais pas ce que tu aimes, commence déjà par découvrir ce que tu n'aimes pas. »

Je crois qu'il ne se doutait pas qu'il venait de m'offrir un immense cadeau (Papa si tu me lis 🤍)


Alors j'ai commencé tout doucement. À vérifier si certaines choses que je faisais étaient vraiment les miennes ou simplement des habitudes.


Dans ma famille, on aime le vin. J'ai grandi avec ça. J'ai même fait des études en hôtellerie-restauration, ai eu la chance d'apprendre avec des sommeliers, de travailler dans de belles maisons...

Alors un jour, je suis allée suivre un cours d'œnologie. Pour savoir: "Est-ce que j'aimais vraiment le vin ? Ou est-ce que j'aimais l'idée d'aimer le vin parce que c'est culturel en France, parce que c'est traditionnel dans ma famille … ? "


Ça peut paraître anecdotique pourtant cette question, je me suis mise à me la poser partout, tout le temps, dans tout ce qui construisait ma vie

Pour ma coiffure, la lecture, la musique, la cuisine, mon travail, mes choix de vie, mes relations…

Petit à petit, j'ai commencé à rencontrer une personne que je ne connaissais presque plus: Moi.

Et je ne vais pas vous mentir. Cette rencontre n'a pas toujours été agréable, loin de là.

Il y a des choses que j'ai découvertes sur moi que j'aurais préféré ne jamais voir. On parle souvent des "parts d'ombre". Honnêtement, je crois qu'on préfère surtout faire comme si elles n'existaient pas. Parce que les regarder oblige parfois à reconnaître que l'on a laissé faire. Que l'on s'est raconté des histoires. Que l'on s'est caché derrière des excuses. Et ça… ça fait mal.


On pourrait refermer la porte. Faire comme si on n'avait rien vu. Revenir à l'ancienne version. Après tout, elle "fonctionnait". Elle permettait de vivre. De faire plaisir aux autres… à défaut de soi. D'éviter les conflits et Dieu sait comme je n'aime pas les conflits. Mais une fois qu'on a commencé à voir… c'est difficile de faire semblant. Et là on décide soit de retourner d'où l'on vient, soit on avance vers l'inconnu, vers la peur, vers moi entant qu'individu…


Alors j'ai choisi d'avancer. Pas vite, pas avec assurance et certainement pas sans peur. Juste une journée après l'autre. En essayant, à chaque fois, de choisir ce qui me ressemblait un peu plus.


Aujourd'hui, je ne peux pas dire que je me connais parfaitement. Je crois même que ce serait prétentieux. Par contre, je peux dire que certaines décisions me ressemblent enfin.


  • J'aime mes cheveux blancs - Pendant quatorze ans, j'ai coloré mes cheveux. Puis un jour, le Covid est arrivé. Mon rendez-vous chez le coiffeur a été annulé. Cinq mois plus tard, mes cheveux blancs étaient là. Je me suis rendu compte de quelque chose d'étrange. Ils ne me dérangeaient pas. Ce qui semblait déranger...c'était surtout les autres. On m'a offert des bons cadeaux. On m'a dit que j'avais pris dix ans. On m'a même dit :"Si tu ne te colores pas les cheveux, tu ne viens pas en vacances avec moi." Et pourtant je les aime toujours.

  • Je vais également à des concerts seule. (Je n'attends plus d'être accompagner pour vivre des moments qui ME font plaisir)

  • Je ne bois plus d'alcool simplement parce que les autres en boivent alors que moi je n'en ai pas envie.

  • Je montre beaucoup plus facilement mes émotions (avant la voiture était mon seul sas de libération de larmes)


Et je sais déjà que dans quelques années, je relirai probablement cet article en souriant. Parce que je découvrirai sûrement que je cherchais encore, sans m'en rendre compte, l'approbation à certains endroits. Et c'est très bien comme ça.



Je ne crois pas qu'on finisse un jour de se découvrir. Je crois simplement qu'à un moment, on commence enfin à se poser les bonnes questions. Et peut-être que c'est déjà une très belle façon de commencer à prendre soin de soi. Et si ces quelques lignes vous ont donné envie de vous poser une seule question aujourd'hui… alors elles auront déjà servi à quelque chose.

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